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Les réflexions gaullistes de la semaine du 1er au 7 mars 2021 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail
Écrit par Christophe   
Mardi, 02 Mars 2021 09:21

Mardi 2 mars 2021 :  

Le fait qu'un ancien président de la République, qui a été garant de l'indépendance de la Justice, soit condamné par un tribunal correctionnel est déjà suffisamment rare pour que cela constitue un évènement important de la vie politique française. 

Mais qu'il s'agisse d'une condamnation à de l'emprisonnement ferme (trois ans, dont un ferme) et l'ensemble du microcosme mediatico-politique est soudainement entré en ébullition hier après-midi, telles des fourmis qui s'agiteraient dans leur fourmilière. 

Fidèle à une ligne de conduite aujourd'hui bien établie à laquelle je n'entends pas déroger, il ne sera pas question ici de commenter le jugement par lequel Nicolas Sarkozy a été condamné pour corruption et trafic d’influence aux côtés de son ancien avocat, Thierry Herzog, et du magistrat Gilbert Azibert. 

Les trois prévenus ayant relevé appel, ils demeurent donc présumés innocents et ils peuvent - et doivent - bénéficier de ce principe. 

Aussi, toute autre analyse que factuelle serait prématurée dans l'attente de l'arrêt d'appel. 

Mais il convient néanmoins de s'attacher à trois séries d'observations. 

La première concerne le Parquet national financier (PNF) que d'aucuns vouent aux gémonies. Sous le bénéfice des réserves déjà formulées lors du procès Fillon (lire réflexions gaullistes CC, 30/06/20), ce n'est pas lui qui a jugé l'ancien président de la République. Son rôle était de poursuivre. Si le PNF doit changer, cela ne devrait-il pas être aussi le cas de l'ensemble du Parquet français ? 

Ceux qui tirent à boulets rouges contre l'institution judiciaire devraient s'appliquer à eux-mêmes leurs propres conseils... car s'il n'appartient pas aux magistrats de faire de la politique, l'inverse est aussi vrai : la salle d'audience n'est pas une tribune politique ! 

La réalité, c'est que le besoin d'exemplarité (réel ou instrumentalisé) a changé le rapport à la justice de la classe politique. Les critiques relèvent avant tout d’un opportunisme politique à courte vue issu des rangs de responsables politiques - qui se sont longtemps sentis intouchables - craignant pour leur matricule car ils se rendent compte que plus personne, pas même un ancien chef de l'État, ne peut passer entre les gouttes. Il faudra bien qu'ils s'y fassent. 

Deuxième point, les conditions dans lesquelles les enquêteurs ont intercepté des conversations téléphoniques entre l'ancien président et son avocat, ont provoqué l'indignation - justifiée - de nombreux avocats. Le secret professionnel est battu en brèche et ce verdict est un mauvais signe pour la profession d'avocat car il conduirait à ce que plus aucune conversation avec son avocat ne soit confidentielle en dehors d'une ligne téléphonique officielle. Cela porte clairement atteinte au libre exercice de la profession d’avocat. 

Enfin, dernier point, plus politique celui-là. Compte tenu du calendrier judiciaire et des délais de procédure mais aussi des autres affaires qui l'attendent (procès Bygmalion le 17 mars), toute chance de retour en 2022 est exclue pour Nicolas Sarkozy. Y croyait-il vraiment lui-même après son come-back raté de 2016 ?

Les messages de soutien - voire d'allégeance - qui ont afflué hier, sont peut-être le seul vrai enseignement à tirer de cette décision judiciaire. Notamment sur l'état de santé de la droite... 

Est-elle donc à ce point en mal de représentants légitimes pour en être encore à espérer le retour de son héraut ? 

En surjouant le registre politique sans la moindre distanciation, cette famille politique prouve son incapacité à comprendre les réalités du monde d'aujourd'hui et confirme qu'elle ne risque pas de revenir de sitôt au pouvoir !

Mis à jour ( Mardi, 02 Mars 2021 09:44 )
 
Les réflexions gaullistes des semaines du 8 au 28 février 2021 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail
Écrit par Christophe   
Lundi, 22 Février 2021 10:06

Vendredi 26 février 2021 :  

 

Le gouvernement a décidé de placer 20 départements sous "surveillance renforcée" et si la situation s'y dégrade, des mesures, à l'image de celles décrétées à Nice (lire réflexions gaullistes CC, 22/02) ou à Dunkerque cette semaine, y seront prises le... 6 mars. 

Jean Castex a donc changé de casquette : il n'est plus Premier ministre mais s'est transformé en présentateur météo ! 

Jusqu'à présent les cartes de vigilance étaient réservées aux bulletins météo... mais il faut croire que l'indice de confiance étant plus proche de 0 que du 5, il convenait de se réinventer ! 

Plus sérieusement, renvoyer la patate chaude aux maires et aux préfets pour garder sa posture, ce n'est plus de la bonne gestion, c'est du cynisme ! 

Cultivé à outrance, il mine la démocratie et le débat politique... 

La stratégie du "cas par cas" est un déni de réalité et un refus de reconnaître que le pari du président de la République (lire réflexions gaullistes CC, 30/01) a été perdant au bout du compte. 

S'il fallait certainement le tenter - plus par volontarisme que par opportunisme politique - il faut aussi savoir reconnaître son échec à un moment donné. 

Car la riposte localisée ne tiendra que le temps de l'envisager avant qu'il ne soit trop tard. Retarder, oui, mais pour quoi faire ? 

En confinant les seuls week-ends, alors même que le couvre-feu à 18h est applicable partout sur le territoire et que les bars, restaurants et autres salles de spectacles sont tous fermés, le gouvernement ne cible rien, ni personne. 

A ce rythme, tout cela va durer des mois alors qu'il conviendrait d'agir vite et fort, notamment en terme de vaccination (dont les effets ne se font toujours pas sentir compte tenu du retard endémique que notre pays a pris dans la campagne vaccinale). 

Mais ne nous y trompons pas : en 2021, l'exécutif suit sa propre stratégie, celle de l'acceptabilité des mesures restrictives ! 

Éviter le prochain confinement n'est pas sa priorité... mais, pour que cela ne soit pas préjudiciable à la réélection du locataire de l'Élysée, il faut que tout le monde le réclame : des médecins submergés, aux élus locaux couards en passant par les citoyens paniqués par le matraquage médiatique autour de cette crise sanitaire... 

Personne n'est dupe de la manœuvre, en tout cas pas les gaullistes !


Lundi 22 février 2021 :  

L'annonce du possible confinement local de Nice et sa région durant les week-ends, évoqué samedi par Olivier Véran et attendu dans les prochaines heures, a douché les ardeurs printanières de beaucoup. 

Si Mayotte et la Guyane, ainsi que plusieurs pays étrangers, ont déjà mis en œuvre des confinements localisés, cela n'a jamais eu cours en France métropolitaine. 

Mais si cette demi-mesure peut être pertinente sur des petites zones (quartiers ou villages, comme en Guyane), elle n'a guère d'efficacité à plus grande échelle pour casser la courbe des contaminations, surtout qu'il faudrait attendre 6 jours avant qu'elle ne s'applique sur le littoral azuréen puisqu'a priori le virus ne circule pas la semaine...

La question qui se pose donc est pourquoi là et pourquoi maintenant ? 

Le taux de contamination trois fois supérieur à la moyenne nationale et une situation au bord de la saturation dans les hôpitaux sont de faux-prétextes. 

Ainsi, il faudrait que personne ne soit surpris du changement de stratégie du gouvernement qui, soudainement, deviendrait un adepte du confinement ciblé après avoir écarté toutes mesures alternatives, tel que le rallongement des vacances d'hiver ? au contraire, les interrogations sont légitimes ! 

Ne faudrait-il pas plutôt y voir une mesure gadget offerte à Christian Estrosi, beaucoup mieux considéré par la Macronie dont il n'a de cesse de lécher les bottes, au détriment d'autres élus, notamment le maire LR de Metz, François Grosdidier, qui réclamait la même mesure la semaine dernière... 

Et si au fond cette annonce n'était qu'un os à ronger pour calmer la pression des élus et occuper le terrain médiatique ? 

Car, en ouvrant la boîte de Pandore, alors que le reconfinement est un tabou élyséen, Emmanuel Macron perdrait tout l'avantage de sa stratégie politique des quinze derniers jours. 

S'y résoudre serait un premier échec pour le candidat à sa réélection qui voulait en faire un argument de campagne. 

Or, ce n'est certainement pas ce que cherche l'exécutif !

Emmanuel Macron a indiqué vendredi devant des parlementaires qu'il se donnait 8 à 10 jours avant d'assouplir ou de durcir les mesures de restriction et, connaissant le maître des horloges, il ne dérogera pas à ses habitudes, Riviera sous tension ou pas !

Mis à jour ( Vendredi, 26 Février 2021 12:14 )
 
Les réflexions gaullistes de la semaine du 1er au 7 février 2021 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail
Écrit par Christophe   
Vendredi, 05 Février 2021 10:04

Vendredi 5 février 2021 :  

Alors que le nombre de patients hospitalisés en France a reculé pour le deuxième jour d'affilée, Jean Castex a maintenu la pression au cours de sa sinistre prise de parole du jeudi soir, en appelant à la « mobilisation générale ». 

Hier, ce sont les entreprises qui ont été montrées du doigt, le Premier ministre jugeant « impératif » de « télétravailler partout où c'est possible » et regrettant que depuis la fin de l'année le recours au télétravail se soit réduit... 

Sauf que l’obligation ne se décrète pas et qu'elle ne figure d’ailleurs pas dans le Code du travail. 

A ce titre, l'accord national interprofessionnel (ANI) sur le télétravail conclu le 26 novembre 2020 s'apparente plus à un guide des bonnes pratiques à destination des employeurs qu'à un texte fixant un cadre légal et des règles contraignantes. 

Et puis la généralisation du télétravail risque aussi de transformer les travailleurs en véritables « apatrides » du monde du travail... 

Il y a donc toute une réflexion à mener qui ne peut être envisagée dans l'urgence et de manière globale mais davantage dans le cadre du dialogue social et de négociations au niveau des branches et des entreprises. 

Comme souvent avec ce gouvernement, responsabilisation rime avec culpabilisation. 

Loin d'assumer son pari de vendredi dernier (lire réflexions gaullistes CC, 30/01), l'exécutif manie la carotte et le bâton et cherche des boucs-émissaires pour faire peser les conséquences de ses choix sur les autres. 

Ainsi, si confinement il y a, ce ne sera surtout pas la faute de l'exécutif qui aura tout tenté pour l'éviter mais n'aura pas pu faire autrement face à l'indiscipline des Français attachés à leur travail en présentiel, quand ce n'est pas à leurs vacances... 

Ou comment donner un sens à l'absurde : car de pédagogie il n'y a pas mais simplement du marketing politique à quelques mois de la présidentielle ! 

Voilà à quoi nous mènent les politiques à courte vue... 

« Nous vivons dans une économie hors-sol pour une nation hors d'elle-même. Plus encore que le risque de dépression économique, ce qui nous guette c'est la dépression nerveuse. Ainsi, le gouvernement a une double tâche : vacciner les Français et leur redonner le sentiment qu'ils ont encore un rôle à jouer dans la gestion de leur propre existence », écrit Jacques Julliard, éditorialiste de "Marianne", dans le numéro 1247 de ce matin. 

Cela ne saurait être mieux résumé !

Mis à jour ( Vendredi, 05 Février 2021 10:06 )
 

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