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Les réflexions gaullistes de la semaine du 8 au 14 juillet 2019 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail

Vendredi 12 juillet 2019 :

 

 

En maintenant François de Rugy à son poste mais en lui demandant de rembourser tous les frais indus, l'exécutif tente d'étouffer dans l'œuf une nouvelle affaire d'été, à l'image de l’affaire Benalla l'an dernier.

Les révélations de Mediapart sur ses dîners fastueux lorsqu’il était président de l’Assemblée Nationale et sur les travaux réalisés aux frais du contribuable dans son ministère ont fait l’effet d’une bombe après des mois de crise sociale menée par les « gilets jaunes », revendiquant le droit à un meilleur niveau de vie et plus de pouvoir d'achat.

Si la réponse a été diligente, il n'en demeure pas moins que les faits sont là. Et ils ne sont pas glorieux. Ce mélange des genres consistant à utiliser les deniers de l'État pour organiser des réceptions privées ou faire réaliser des travaux de confort dans les appartements privés du ministère de l’environnement est détestable, surtout venant d'un chantre de la moralisation de la vie politique. L’écologiste de châteaux a été pris la main dans le sac et, le pire, c’est qu’il ne voit pas où est le problème !

Les gaullistes ne sont pas des adeptes du tribunal médiatique qui vire au règlement de comptes et n'ont pas vocation à être des juges ou des procureurs. 

Pour autant, nous sommes attachés à une stricte séparation entre les affaires de l’État et les affaires personnelles ; entre le public et le privé, à l'image du Général de Gaulle qui a toujours tenu à payer ses factures de gaz et d'électricité à l'Élysée et qui remboursait à l'État le goûter de ses petits-enfants !

Il est de bon ton parmi les politiques de se réclamer du général de Gaulle. Il serait beaucoup plus utile de s’astreindre à une grande rigueur morale, à son instar.

Ce n'est qu'en agissant de la sorte que les Français retrouveront confiance dans leur classe politique.


Mercredi 10 juillet 2019 : 

Beaucoup se sont réjouis, hier, de la relaxe générale prononcée par le Tribunal Correctionnel de Paris dans le dossier Tapie-Crédit Lyonnais.

Bernard Tapie a gagné une bataille mais rien n'est fini. Loin de là.

En ce qui concerne le volet pénal de l'affaire de l'arbitrage, Tapie pourrait encore faire l'objet d'un procès en appel. Au vu de la sévérité des réquisitions et du camouflet infligé par le tribunal au Parquet, cela ne fait guère de doute.

En outre, dans le volet civil, pour lequel Tapie a été définitivement condamné en appel puis en cassation - l’action civile étant distincte de l’action publique - des audiences sont prévues pour discuter des modalités de remboursement des quelques 400 millions d'euros qu’il doit rendre à l'État.

Il y aurait donc eu faute civile mais pas faute pénale, en l’absence de fraude ou de manœuvres frauduleuses dans l’arbitrage de 2008. 

Il n’y a là aucune incohérence pour ceux qui connaissent les contours de ces fautes qui ne se confondent pas. 

Aucune incohérence non plus avec la condamnation de Christine Lagarde, reconnue coupable de « négligence », tout en étant dispensée de peine par la Cour de justice de la République (CJR) fin 2016, puisque l’enjeu était très différent de celui du procès se tenant devant le Tribunal Correctionnel. Pour rappel, il ne lui était pas reproché d’avoir décidé de recourir à l’arbitrage, mais de ne pas avoir fait appel de celui-ci une fois qu’il avait conclu à une indemnisation astronomique de Tapie…

En tout cas, comme l'a résumé mon brillant confrère Me Hervé Temine, "le match n'est pas fini tant que la balle de match n'a pas rebondi deux fois".

Je me garderai donc bien de donner un quelconque avis ou sentiment sur le sort judiciaire réservé à l'ancien président de l'OM qui réussit toujours à se relever et à qui l’on ne peut que souhaiter de vaincre la maladie qui le ronge. 

Quand les décisions seront définitives, il sera toujours temps de commenter mais se précipiter, comme beaucoup le font depuis hier, et en tirer des leçons judiciaires et politiques serait prématuré. 

La méconnaissance des mécanismes judiciaires et l'absence d'actualité en ce début d'été n'autorise pas tout.

 

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