Les réflexions gaullistes de la semaine du 11 au 17 mai 2020 par Christophe CHASTANET Imprimer
Écrit par Christophe   
Lundi, 11 Mai 2020 10:20

Vendredi 15 mai 2020 : 

Sous réserve de l’évolution de l’épidémie et de possibles restrictions localisées, les Français pourront partir en vacances en France en juillet et en août.

Cette annonce d'Édouard Philippe, hier, à l’issue d’un comité interministériel sur le tourisme, tout le monde l'attendait avec impatience. 

Les Français, bien sûr. Ou plutôt ceux qui pourront s'offrir ces moments reposants en famille après un printemps inédit qui a bouleversé leurs vies.

Mais aussi, et surtout, les professionnels du tourisme ; une industrie qui pèse lourd en France (la filière représente 2 millions d’emplois directs et indirects en France et 8 % de la richesse nationale) et qui avait besoin de perspectives.

Or, plus on répond aux doutes, plus les questions surgissent. 

Envisager une saison estivale similaire aux précédentes ne relève-t-il pas de la gageure ?

Car si la liberté retrouvée lundi s'accompagne d'une responsabilité collective et individuelle, elle devrait aussi interpeller sur nos sociétés, nos modes de vie et nos priorités...

En outre, alors que les cafés et restaurants restent toujours fermés jusqu'au 2 juin minimum en zone verte ; que les grands musées et lieux patrimoniaux, qui peuvent entraîner des déplacements importants du public, vont devoir repenser les conditions de visite avant d'espérer réouvrir  ; que de nombreux festivals ont été annulés et que les plages recommencent juste à être accessibles sous condition (en mode "dynamique"), tout le monde a bien conscience que, cette année, rien ne sera comme avant.

Et même si, le temps d'un été, quelques milliers de Français se mettent à redécouvrir la France et ses joyaux naturels et patrimoniaux, il en faudra beaucoup plus pour rassurer un secteur qui va vivre sous perfusion durant plusieurs mois, en atteste l'enveloppe annoncée de 18 milliards d’euros.

Les vacances sont une soupape de sécurité mais la bouteille d'oxygène est déjà sur la réserve...


Mardi 12 mai 2020 : 

Les Français ont retrouvé hier une liberté de mouvement sous contrôle strict et, à l'exception de quelques ratés au démarrage dans les transports parisiens, tout le monde (ou presque) a suivi à la lettre les consignes.

Tous ceux qui croyaient que le civisme n'était pas une vertu cultivée en France en sont pour leurs frais.

Mais ce retour à la vie réelle laisse quelque peu un goût amer : celui d'une altération durable de la sociabilité.

Ces deux mois nous ont transformés et nous avons appris à vivre autrement. Le port du masque et la distanciation sociale - qui pèse sur notre conception des relations sociales, amicales et familiales - pourraient bien devenir la norme dans une société où la peur de l'autre et de la différence était déjà par trop présente.

En accepter l'augure ne doit pas pour autant nous empêcher de souhaiter qu'il n'en soit rien.

Car vivre avec le virus ne veut pas pour autant dire s'y habituer, comme le laisse pourtant entendre nombre de responsables politiques - pour mieux continuer à restreindre nos libertés jusqu'à ce que l'on ait oublié à quoi elles ressemblent ? -

Et dans ce monde face au virus, c'est aujourd'hui au tour de l'école de se réinventer et d'entamer une rentrée tronquée où nombre d'enseignants et d'enfants manqueront à l'appel.

Pour l’Éducation Nationale, l’enjeu n’est pas tant de maintenir le lien des enfants avec l’école et les apprentissages, alors qu’il ne reste que quelques semaines avant les vacances d’été, mais d’assumer un choix politique contestable et contesté, étant rappelé que le Conseil scientifique COVID-19 était quant à lui favorable à ce que les crèches et établissements scolaires restent fermés jusqu'en septembre…

L’exécutif a fait un pari. Or, la santé publique ne se négocie pas et il devra en assumer les conséquences, nonobstant le choix laissé aux parents qui, pour certains, n’en n’ont justement aucun !


Lundi 11 mai 2020 : 

Ce 11 mai marque la fin de 2 mois de confinement qui ne ressemblèrent à aucun autre et imprimeront durablement l'imaginaire collectif de notre pays.

Ils changeront aussi, n'en doutons pas, nos habitudes.

Car on ne ressort pas indemne d'une telle période, après avoir subi une restriction des libertés sans commune mesure depuis la Seconde Guerre mondiale et quand plus de 25 000 Français ont perdu la vie à cause d'un virus et ne verront pas l'été...

Alors, si l'heure est au déconfinement dans des conditions souvent bancales, cette mise sous cloche du pays laisse aussi la place, comme après une catastrophe naturelle ou technologique, à un réveil difficile...

Avec cette nouvelle étape, notre mouvement gaulliste reprend ses activités et les réflexions d'actualité, qui rythmaient chaque semaine, vont à nouveau vous accompagner pour tenter d'envisager ensemble le monde d'après.

Le choix de la mise en sommeil durant le confinement a été discuté jusque dans nos rangs. Il est pleinement assumé. Sans aller jusqu'à parler d'unité nationale - concept vide de sens brandi par un gouvernement qui n'aura cessé de naviguer à vue du confinement au déconfinement - le temps n'était tout simplement pas aux vaines polémiques et aux joutes politiques. Les Français n'avaient ni le cœur, ni l'esprit à cela.

Ils l'ont signifié dès le dimanche 15 mars en boudant massivement les urnes lors des élections municipales. Leur priorité était ailleurs.

On ne gagne rien à ne pas écouter son peuple. Vouloir capitaliser sur les faiblesses de la gestion de crise d'un pouvoir qui, de toute façon, sera amené à rendre des comptes le moment venu, aurait été une erreur. Ceux qui l'ont fait ne sont que des petits politiciens en mal de reconnaissance à qui il sera pour longtemps rappelé cette médiocrité alors même que les Français avaient peur pour eux et leurs proches.

Confrontés à cette pandémie et malgré leurs craintes, nos concitoyens ont su faire preuve d'unité et de cohésion, ce qui est la force d'une grande Nation. En respectant majoritairement le confinement, ils ont soulagé les soignants qui, en première ligne et avec des moyens indignes d'une grande puissance mondiale, ont fait face avec courage et abnégation.

Et que dire de ces travailleurs de l'ombre, éboueurs, agriculteurs, fonctionnaires territoriaux ou employés de supermarchés qui ont continué à œuvrer pour rendre ce confinement plus vivable au mépris de leur propre santé ces anonymes sont des héros du quotidien !

Il y aura beaucoup de leçons à tirer de cette crise qui est loin d'être finie, tant au plan sanitaire qu'au plan économique et social. Et les décisions politiques qui seront prises dans les prochains mois vont façonner notre monde pour longtemps.

Mais, dans l'immédiat, nous pouvons d'ores et déjà nous interroger sur la manière dont nous allons progressivement reprendre des activités que nous avons mis de côté pendant quelques semaines.

Souhaitons-nous reprendre le cours de nos existences individualistes comme si de rien n'était, avec l'aliénation qui en découle, ou sommes-nous enfin prêts à bâtir un nouveau genre de société avec une meilleure répartition des richesses et du pouvoir ?

En somme, sortira-t-il quelque chose de positif de ce confinement ? si notre volonté de nous engager ; de consommer plus juste et équitable en ressort renforcé, alors cette période unique n'aura pas été inutile !

A l'heure de ressortir de chez nous, prenons soin les uns des autres et de tous ceux que nous allons côtoyer à compter d'aujourd'hui ! Courage à chacune et à chacun d'entre vous !

Mis à jour ( Vendredi, 15 Mai 2020 09:21 )