Les réflexions gaullistes de la semaine du 19 au 25 octobre 2020 par Christophe CHASTANET Imprimer
Écrit par Christophe   
Lundi, 19 Octobre 2020 11:13

Vendredi 23 octobre 2020 :  

54 départements et 46 millions de Français sous couvre-feu... qui dit mieux ? 

Peut-être le Premier ministre lui-même, en roue libre sur la voie du reconfinement, qui, pour un bon mot lors de sa conférence de presse tenue hier à l’hôtel Matignon, n'a pas hésité à affirmer que les malades d'aujourd'hui sont les hospitalisés de demain et les morts d'après-demain ! Surréaliste ! 

Une semaine après l'instauration du couvre-feu dans huit métropoles et la région parisienne (lire réflexions gaullistes CC, 15/10) - et alors que les effets de ces mesures ne se feront pas sentir avant une semaine ou deux - Jean Castex a donc décidé d'élargir la zone du jour au lendemain (à partir de vendredi minuit) pour une durée de six semaines. 

Ce nouveau tour de vis pris sans concertation, au nom des modèles statistiques, laisse un goût amer, tant il est liberticide et économiquement irrespirable. 

A quoi sert le couvre-feu dans un village de campagne ou de montagne ? En quoi le virus circule-t-il plus la nuit que la journée ? 

Rien ne permet d'indiquer que c'est au cours de soirées que se fait la principale partie des contaminations et le ministre de la Santé a d'ailleurs - pour prendre ses distances avec le dépistage "à la japonaise" - bien été obligé de reconnaître hier qu'il est "extrêmement difficile" de savoir où est-ce que les gens se sont contaminés... 

Face à une situation non maîtrisée qui nous ramène au point de départ, la seule réponse du gouvernement consiste à culpabiliser les citoyens (et en particulier les jeunes) mais à aucun moment il ne lui viendrait à l'idée de procéder à la moindre autocritique... 

Où sont les moyens pour l'hôpital sous tension et les personnels épuisés ? Où sont les moyens pour la médecine de ville dépourvue de tests antigéniques (au moins jusqu'à la "mi-novembre") ? 

Pourquoi la seconde vague n'a-t-elle pas été anticipée depuis le 11 mai, fort de la première expérience traumatisante du printemps ? 

En être réduit, plus de 6 mois après, et malgré le Ségur de la santé (4 000 lits étaient promis par les accords en juillet dernier) à être obligé de gérer les flux et durcir les restrictions car la pression s'accentue dans les services de réanimation, ne manque pas d'interroger ! 

Comment s'étonner ensuite que seulement 35% des Français font confiance au gouvernement pour lutter contre la propagation du coronavirus ?


Jeudi 22 octobre 2020 : 

 

Les hommages nationaux se ressemblent tous à quelque chose près, tant ces cérémonies suivent un cadre protocolaire très précis. 

Mais celui en l'honneur de Samuel Paty, hier soir, dans la cour de la Sorbonne, ne s'apparentait à aucun autre. 

L'ambiance crépusculaire à la nuit tombée, dans ce lieu majestueux, temple du savoir et de la connaissance, y est pour beaucoup. 

Son déroulement a aussi contribué à faire de cet instant de recueillement un moment unique : un chant d’amour ; un poème de Gauvain Sers ; un texte de Jaurès et une lettre de Camus ont rythmé cette cérémonie, conclue par un beau discours du président de la République qui, même s'il ne l'a certainement pas écrit, lui a permis de se hisser à la hauteur de l'événement en faisant du professeur assassiné "le visage de la République" et de "la liberté". 

Trop de sentiments se sont mêlés pour les décrire tous : tristesse infinie ; émotion incontrôlable mais aussi colère indicible en voyant ce cercueil avancer sur les notes de "One" du groupe irlandais U2. 

Un militaire connaît les risques encourus de son engagement. Mais un professeur ? en quoi cet homme méritait-il de mourir pour avoir voulu apprendre aux jeunes ?! 

En assassinant un enseignant, la barbarie islamiste a frappé un symbole républicain. Chacun ressent combien cette tragédie touche à l'essentiel et, en même temps, comment elle nous renvoie à nos propres souvenirs d'enfance et à ce professeur marquant et inspirant que nous avons tous connu. 

Samuel Paty souhaitait que sa vie et sa mort "servent à quelque chose". 

Seule l'Histoire - celle qu'il enseignait avec un grand H - nous dira s'il est devenu le symbole d'un basculement de la conscience collective. 

Mais ce père aimant et professeur aimé a au moins permis de rappeler ce que nous sommes : des hommes libres et un peuple debout !


Lundi 19 octobre 2020 :  

A Paris, comme dans de nombreuses villes en province, des milliers de Français (dont de nombreux enseignants) ont tenu, hier après-midi, à exprimer leur émotion et leur solidarité face au crime abominable perpétré vendredi soir contre un professeur d’histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine (lircommuniqué UPF, 17/10/20).

A l’inverse de 2015, où je n’avais pas participé à la « marche républicaine » (lire communiqué UPF, 10/01/15), je me suis rendu au rassemblement qui était organisé dans ma ville.

Pourquoi un tel choix alors que les grincheux dénonçaient déjà le bal des hypocrites ? 

Les organisateurs de ces rassemblements en hommage à Samuel Paty n’étaient pas des organisations politiques et n’ont pas cherché à faire de récupération politique : les discours ont ainsi laissé place au silence entrecoupé d’applaudissements et à l’absence de drapeaux syndicaux…

De plus, le contexte est totalement différent, le temps des fleurs et des bougies est définitivement révolu pour laisser la place à une colère sourde qui n’est pas un aveuglement.

Car, naturellement, se rassembler dans la rue n’est pas une fin en soi et ne doit pas annihiler tout esprit critique ou faire taire les questions gênantes sur les liens entretenus par certains avec l’islamo-gauchisme ; cela ne doit pas davantage nous empêcher d’exiger que l’Éducation Nationale et les syndicats enseignants prennent leur responsabilité dans ce drame ; cela ne doit pas nous interdire de dénoncer l’opération de communication consistant à annoncer, au lendemain d’un attentat, l’expulsion de plus de 200 étrangers en situation irrégulière et fichés pour radicalisation à caractère terroriste !

La paix ne s’achète pas et ne se vend pas ! Aucune concession, la plus infime soit-elle, ne doit être faite au communautarisme islamique à l’assaut des hôpitaux ; de l’école et même des élections locales !

Parce qu’il n’y a rien d’islamophobe à défendre la laïcité, nous n’aurons de cesse de refuser l’emprise d’une confession sur la société. 

L'islam est apatride par essence, en raison de l’appartenance à l'Oumma. Mais il faudra bien que ces exigences religieuses, qui bousculent la laïcité, cèdent le pas à la loi républicaine ! De gré ou de force !

Pour que Samuel Paty ne soit pas un nom oublié sitôt l’émotion retombée.

Mis à jour ( Vendredi, 23 Octobre 2020 13:52 )