Les réflexions gaullistes de la semaine du 16 au 22 novembre 2020 par Christophe CHASTANET Imprimer
Écrit par Christophe   
Mercredi, 18 Novembre 2020 11:52

Samedi 21 novembre 2020 : 

Le Parisien - Aujourd'hui en France a écrit:
Le Black Friday reporté au décembre si les commerces rouvrent d'ici là

Aurélie Lebelle
Article paru dans l'édition du 21.11.20

 

Le report du "Black Friday" au 4 décembre a été acté hier au ministère de l’Économie, sous réserve de la réouverture des commerces d'ici-là. 

Rien que le nom de cette vaste opération commerciale importée des États-Unis a de quoi horripiler jusqu'au dernier des défenseurs de la langue française... 

Au-delà de cet aspect, que d'aucuns peuvent trouver désuet mais auquel les gaullistes attachent une grande importance, il convient de s'interroger sur le phénomène en lui-même de ces promotions exceptionnelles du vendredi fou. 

Entre globish et hyperconsommation, toute cette frénésie asservit nos concitoyens sans aucun encadrement des réductions de prix ! 

Comme l'a affirmé Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir, jeudi matin sur France Info : "le Black Friday ne garantit nullement des bonnes affaires, les prix sont farfelus. On instrumentalise les envies de consommation des consommateurs mais avec des promos bidon". 

Si, compte tenu du contexte bien particulier, ce n'est pas cette année que nous pourrons trancher le débat sur cette pratique commerciale, son report est une victoire en trompe-l’œil pour les petits commerçants. 

Non seulement cela ne résout pas la question de l'avenir du petit commerce - dont la survie économique est désormais engagée pour certains et qui va devoir supporter un nouveau protocole sanitaire encore plus strict pour rouvrir - mais cela permet aux acteurs de la grande distribution et du commerce en ligne de se refaire une virginité en faisant oublier toutes les accusations de concurrence déloyale pesant sur eux : un comble ! 

Quant à ceux qui n'ont même plus les possibilités financières de "participer à la fête", personne n'en parle... le monde d'après qu'ils disaient tous ? 

Finalement, le moyen le plus efficace et le plus responsable de gagner en pouvoir d’achat ne serait-il pas de consommer moins… mais mieux ?


Mercredi 18 novembre 2020 :  

Selon des sources gouvernementales, la réouverture des cafés, bars et restaurants ne serait pas prévue avant le 15 janvier prochain, bien après la réouverture des petits commerces. 

Se basant sur une étude sujette à caution de l'université de Stanford sur les lieux de contamination - publiée dans la revue "Nature" - Jean Castex, en voie de "cressonisation" et qui n'a de cesse d'affirmer en privé qu'il "préfère fermer des restaurants qu'ouvrir des morgues", est pourtant bien déterminé à appliquer sa politique du confinement jusqu'au bout. 

Cette annonce plombe encore un peu plus le moral d'un secteur en grand danger qui va probablement devoir faire une croix sur la période des fêtes et ne pourra donc même pas sauver les meubles. 

L'addition est de plus en plus salée ! 

Surtout, l'exaspération est en passe de l'emporter sur la peur. 

Chez certains professionnels au bord de la faillite, l'usure psychique et le ressentiment se font sentir. 

Car, même si les restaurateurs ont, pour la plupart, adapté leur offre en proposant les ventes à emporter, ces recettes - qui anticipent sur le restaurant de demain et sont appelées à s'inscrire dans la durée - ne pourront suffire pour maintenir leur chiffre d'affaires. 

De toute façon, d'une manière générale, on est très loin du premier confinement et de la ferveur collective autour des soignants. 

C'est dans ce contexte qu'Emmanuel Macron doit prendre la parole la semaine prochaine pour envisager les étapes d’un déconfinement progressif... 

Autant dire qu'il aura fort à faire pour calmer un pays au bord de la crise de nerfs, surtout quand l'on sait combien ses sept précédentes interventions - depuis le début de l'épidémie - ont rarement suscité l'union nationale.

Deux ans après le début du mouvement des "gilets jaunes", jamais la fronde sociale n'a paru aussi prête à exploser. 

Plus dangereux, les actes de désobéissance de certains maires, au début du second confinement, ont également participé à attiser le feu de la discorde et à saper la confiance des citoyens dans nos institutions (lire réflexions gaullistes CC, 02/11). 

Sous le couvercle du confinement, il y a fort à parier que la colère se transformera en révolte. A défaut d'être légitime, elle ne sera guère surprenante !

Mis à jour ( Samedi, 21 Novembre 2020 16:10 )