Nous sommes le Mercredi, 23 Jui 2021
Vous etes ici :     Home Point(s) de vue Les réflexions gaullistes de la semaine du 17 au 23 mai 2021 par Christophe CHASTANET
Les réflexions gaullistes de la semaine du 17 au 23 mai 2021 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail

Jeudi 20 mai 2021 :  

Quinze jours après le drame d'Avignon et un mois après l'assassinat au sein même du commissariat de Rambouillet (lire billet UPF, 24/4), 35 000 policiers ont manifesté hier devant l'Assemblée Nationale à l'appel de leurs syndicats. 

Cette manifestation corporatiste, où la police a demandé à la justice de rendre des comptes (sic), est l'expression visible d'un malaise grandissant au sein des forces de l'ordre. 

Elle a le mérite d'ouvrir un débat - sur lequel il convient de s'attarder - et d'interpeller la classe politique. 

Sauf que revendiquer ne veut pas dire dicter ! 

Or, il y avait quelque chose de "schizophrénique" à voir le ministre de l'Intérieur et certains députés battre le pavé en se prévalant de leur propre turpitude, pour reprendre une célèbre maxime latine, et se mettre en scène aux côtés des manifestants. 

Ce n'était pas leur place. 

Depuis quand la politique pénale ou le contenu des lois se décident dans la rue après un coup de pression ? quelle soumission ! 

Et quand, de bonne foi, certains élus sont venus apporter leur soutien aux policiers en colère, ils se sont retrouvés pris au piège de la récupération fomentée par l'extrême droite des Zemmour, Messiha ou autre Bardella, qui n'attendait que ça. 

Car le but de ces bateleurs de foire est de faire monter la tension dans une France au bord du précipice populiste et d'instrumentaliser les attentes en matière de sécurité et les peurs entourant l'immigration ou l'islamisme. 

Ils n'ont que faire des sincères préoccupations des forces de l'ordre et, au contraire, se frottent les mains des agressions sans cesse plus violentes qui les frappent au quotidien car elles apportent de l'eau à leur moulin. 

Quant à la réponse à apporter au débat de fond soulevé par les syndicats de policiers, elle n'est ni à chercher dans une opposition stérile avec la justice prétendument laxiste ; ni dans une surenchère sécuritaire, à l'instar des peines automatiques proposées par Xavier Bertrand qui en sont l'incarnation. 

Rivaliser d'ingéniosité dans l'absurdité n'a jamais contribué à régler les problèmes ! 

La peine de prison, si elle est nécessaire pour sanctionner durement ceux qui veulent "casser du flic", ne pourra pas tout résoudre tant les enjeux sont multiples. 

Ainsi, cela n'améliorera pas les conditions de travail et la formation des policiers, pas plus que cela ne refondera la politique de maintien de l'ordre, ni ne résorbera comme par enchantement le fossé qui s'est creusé entre les Français et leur police, notamment depuis les Gilets jaunes, où ils ont été envoyés en première ligne pour réprimer des manifestations aux causes légitimes. 

Le simplisme qui consiste à opposer police et justice est le terreau de la remise en cause de nos principes républicains. Si c'est ce que certains recherchent, ce ne sera jamais le cas des gaullistes. 

Hurler avec les loups n'est pas un service à rendre à nos policiers !

 

Sondage

Comment évaluez-vous la gestion par le gouvernement de la crise liée au coronavirus ?
 

Sur Facebook

Joomla Templates and Joomla Extensions by JoomlaVision.Com