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Les réflexions gaullistes des semaines du 15 au 28 novembre 2021 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail

Jeudi 25 novembre 2021 :  

Au moins 27 migrants (dont 5 femmes et une petite fille) sont morts au large de Dunkerque, en essayant de traverser la Manche pour rallier l'Angleterre sur une embarcation de fortune. 

Ce bilan effroyable est inédit. 

On ne peut pas détourner les yeux et faire comme si rien ne s'était passé. 

A quelques semaines de Noël, ce drame n'est pas un évènement à ranger au rayon de la rubrique "faits divers" qui ne nous concernerait pas, autocentrés que nous sommes sur nos préoccupations individualistes. 

Il ne doit pas davantage servir de prétexte à l'émotion compassionnelle qui n'est qu'une proximité illusoire, à l'instar d'Aylan, enfant syrien retrouvé mort sur une plage turque en 2015, dont la photo avait alors fait le tour du monde. 

Gérer de façon humaine une situation inhumaine ne veut pas dire faire preuve de laxisme. Ce n'est pas parce que cette tragédie heurte nos consciences que nous devons répondre par un appel d'air qui ne ramènera pas ces pauvres naufragés. 

Il convient donc de se poser les bonnes questions pour (enfin) trouver les moyens de traiter la question migratoire avec pragmatisme. 

Ce sont les dérèglements du monde et son cortège de crises (politique, économique, climatique et alimentaire), le plus souvent émaillées de tensions militaires, qui sont à l'origine de cette fuite en avant de milliers de candidats à l'exil. 

Si nous les ignorons et que nous sommes incapables de dialoguer avec les pays d'origine, sous prétexte que notre propre pays a sabordé sa diplomatie ou que l'ONU est impuissante, nous serons condamnés à revivre les mêmes tragédies avec d'autres migrants et d'autres passeurs esclavagistes qui sont les deux faces d'une même médaille. 

Au-delà de ces considérations, sur le terrain national, depuis le camp de Sangatte en 2002 et le traité du Touquet, signé en 2003 par Nicolas Sarkozy et son homologue britannique, la frontière britannique est fixée sur la côte française. En contrepartie, Londres s'acquitte d'une compensation financière, dont les montants sont régulièrement renégociés, pour que la France se charge de contrôler, sur son territoire, les migrants cherchant à gagner le Royaume-Uni. 

Or, ces accords permettent de facto à Londres de se soustraire à son devoir d'asile. Et le Brexit les a clairement rendus obsolètes... 

Aussi, il est impératif de redéfinir les relations franco-britanniques. On l'a bien vu notamment sur la question de la pêche. Sans une coopération transfrontalière intensive pour lutter contre les réseaux de passeurs, rien n'empêchera ces traversées suicidaires. 

Et que dire de l'agence aux frontières extérieures (Frontex) qui apporte son aide dans le sud et l’est de l’Europe, mais qui est étrangement absente dans le nord alors que, depuis le Brexit, il s'agit d'une frontière extérieure de l'Union européenne...

Ni surenchère, ni commisération. Ni radicalisation, ni naïveté. 

Si nous voulons éviter de nouveaux drames, il faut sortir de l'impasse des mots vides de sens pour agir concrètement et durablement !

 

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