Les réflexions gaullistes des semaines du 8 au 21 mars 2021 par Christophe CHASTANET Imprimer
Écrit par Christophe   
Mardi, 16 Mars 2021 10:43

Vendredi 19 mars 2021 :  

 

On connaissait le confinement strict du printemps dernier et le confinement allégé à l'automne ; nous allons bientôt découvrir le confinement saison 2 avec sorties autorisées sans limitation de durée... 

Avec ce gouvernement, chaque semaine une nouvelle idée dépasse la précédente en terme d'inventivité dans l'absurde ! Un bel effort ! 

Face au virus, devenu « le maître du temps » selon l’aveu d’Emmanuel Macron, place donc à un troisième confinement qui s'appliquera dans 16 départements (ceux de l'Île-de-France ; des Hauts-de-France ; les Alpes-Maritimes ; la Seine-Maritime et l'Eure)... pour le moment, car cela pourrait être étendu "si nécessaire". 

Il portera sur la semaine entière, soit 7 jours sur 7, dès vendredi minuit et durant 4 semaines (même si les écoles resteront ouvertes), et sera couplé à un couvre-feu à 19 heures sur l'ensemble du territoire qui n'est pas un cadeau mais ne fait que tenir compte du changement d'heure. 

Menu indigeste s'il en est. Comment avons-nous pu en arriver là, après un an de privations ? Quel aveu d'échec ! 

Non seulement la nouvelle méthode très macroniste du "et en même temps" qui, déclinée au virus, consiste à "freiner sans enfermer" est inefficace sur le plan sanitaire mais elle reste illisible politiquement et insoutenable économiquement. 

A ce dernier titre, ce sont à nouveau les commerçants qui vont surtout être impactés par ces restrictions. Pour la troisième fois en un an les commerces dit "non essentiels" vont devoir fermer. Un vrai coup de massue pour près de 230 000 boutiques et services qui baisseront le rideau en Île-de-France... 

Rien n'a guère changé en un an et c'est le plus déplorable ! 

Alors, certes, côté riposte sanitaire, la vaccination avec AstraZeneca va pouvoir reprendre après l'avis (sans surprise) de l'Agence européenne des médicaments (lire réflexions gaullistes CC, 16/03). Mais le doute s'est installé dans les esprits et la confiance est rompue. Surtout quand on apprend ce midi par la Haute Autorité de Santé que ce vaccin, qui ne comporterait aucun risque, n’est recommandé que pour les plus de 55 ans ! Allez chercher l'erreur ! 

A force de jongler entre tous les impératifs, le gouvernement ne peut que se prendre les pieds dedans ! Et cette semaine en a été l'exemple révélateur...

Politiquement, ce genre d’épisode laissera des traces. 2022 n’est plus très loin.


Jeudi 18 mars 2021 :  

Veillée d'armes avant de nouvelles restrictions en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France qui seront annoncées ce soir. 

Qu'il s'agisse d'un confinement le week-end ou toute la semaine importe peu à ce stade. Ce "teasing" d'une mauvaise série B commence à être lassant. Surtout que choisir entre la corde et le poison avec une chance d'être sauvé n'est pas une façon de raisonner. 

Près de 20 millions de Français sont sous la menace de mesures qui n'ont plus rien de territoriales puisqu'elles reviennent peu ou prou à claquemurer un tiers de la population française ! 

Le pire étant que leur effet demeure incertain. Car si elles ne se doublent pas d'un réarmement en urgence des lits hospitaliers ; d'une prise de conscience de l'utilité des traitements (anticoagulants, corticothérapie, zinc, etc.) et d'une accélération de la vaccination au plus près des habitants de ces régions impactées, elles ne serviront à rien ou pas grand-chose. 

Inutile de répéter que le pari présidentiel est un échec (lire réflexions gaullistes CC, 26/02). Gagner du temps pour n'en rien faire n'était pas une stratégie. Se dédire de ses choix n'est pas chose aisée mais il appartient maintenant à Emmanuel Macron d'arbitrer et d'arrêter de se cacher derrière le duo Castex/Véran préposé aux mauvaises nouvelles du jeudi. 

Un an après le premier confinement, la France continue de compter ses morts (91 000) et ne sait toujours pas comment entrevoir le bout du tunnel. 

Cette impression de faire du surplace et de subir la situation devrait pousser l'exécutif à redéfinir ses choix et ses objectifs. En aura-t-il le courage ou se contentera-t-il d'un énième tour de vis qui relève de solutions éculées n'ayant rien d'un remède miracle ? 

Réponse en partie ce soir...


Mardi 16 mars 2021 :  

Il fallait lui "faire confiance" dimanche ; il est devenu sujet à caution hier... 

L'annonce d'Emmanuel Macron de suspendre provisoirement le vaccin AstraZeneca, après l’apparition d'effets indésirables graves chez des patients, a fait l'effet d'une bombe dans le landerneau politique ! 

Au-delà des cas de thromboses possiblement mortels qui ont déclenché une véritable psychose, les réactions secondaires à ce vaccin étaient pourtant connues depuis longtemps : plusieurs hôpitaux avaient ainsi signalé des symptômes grippaux chez le personnel soignant vacciné «AZ» et certains, comme celui de Saint-Lô, avaient suspendu leur vaccination. Sans parler de la suspension de la vaccination chez les pompiers des Bouches-du-Rhône. Mais rien n'y faisait jusqu'alors... 

Pourquoi, dans ce cas, tout a changé hier après-midi ? 

En déjugeant publiquement son Premier ministre pour emboîter le pas à l'Allemagne, le président de la République l'a tout simplement sacrifié sans vergogne sur l'autel du totem européen qui s'impose à lui, au-delà de tout entendement ! 

Après le Conseil scientifique et le Conseil de défense sanitaire, la politique sanitaire de la France se décide à Berlin et Bruxelles... 

Cet effet domino prouve que la France n'est plus maître chez elle. Elle se laisse dicter sa conduite par des intervenants extérieurs qui privilégient leurs propres intérêts. 

Or, en réalité, l’union des 27 autour de la stratégie vaccinale de la Commission, présidée par Ursula von der Leyen, est un fiasco monumental. Cet épisode n'en est que l'ultime soubresaut. 

Alors, certes, l'Agence européenne des médicaments (EMA) devra dire jeudi si son utilisation peut ou non se poursuivre. 

Mais qui osera demain et après-demain se faire injecter un tel vaccin ? Et qui se met une seule seconde à la place de ceux qui l'ont déjà reçu (1,4 million de Français) et qui se demandent s'ils n'ont pas fait confiance aveuglement à des apprentis sorciers ! 

Même si aucun lien de causalité n'était scientifiquement démontré, cette confiance - déjà fragile - dans ce vaccin anglo-suédois est désormais lourdement hypothéquée. 

Le signal envoyé hier est très négatif à un moment où la situation sanitaire est telle que l'on en est réduit à transférer les malades entre hôpitaux. 

Non seulement elle va ralentir la campagne vaccinale mais elle ouvre aussi la voie à ce que chacun exige de choisir entre les fabricants du vaccin. 

Ce revirement soudain est à l'image de la gestion de cette crise par un pouvoir aux abois : inutile, contre-productif et dangereux ! 

Vers un retour à la vie normale "dès la mi-avril" qu'ils disaient au sommet de l'État ? Faut-il en rire ou en pleurer ?

Mis à jour ( Vendredi, 19 Mars 2021 16:02 )