Les réflexions gaullistes de la semaine du 7 au 13 juin 2021 par Christophe CHASTANET Imprimer
Écrit par Christophe   
Mercredi, 09 Juin 2021 09:17

Mercredi 9 juin 2021 :  

 

Emmanuel Macron a été giflé, hier après-midi, par un jeune activiste royaliste, en marge d'un déplacement à Tain-l'Hermitage, dans la Drôme, alors qu'il venait saluer la foule. 

Bien sûr cette agression est consternante et elle doit être condamnée avec la plus grande fermeté. Pour autant, elle n'est pas tellement surprenante. Ce geste à la portée symbolique et dégradante en dit d'ailleurs long sur l'état du pays ! 

Le climat est délétère : entre infantilisation des citoyens ; polémiques stériles et hystérisation des débats, la France est une véritable poudrière prête à exploser à tout instant. 

Dans une démocratie, il ne devrait y avoir d'autres gifles qu'électorales mais, malheureusement, nous n'en sommes plus à ce stade... 

Avec la pandémie de Covid-19, il a été trop vite oublié la fièvre sociale de l'année 2019. Or, si les manifestations des "gilets jaunes" ont cessé, les problématiques soulevées par ce mouvement n'ont pas été résolues. 

Quand la colère gronde, il est impossible de l'éteindre. Surtout quand, sous couvert de crise sanitaire, il a été restreint les libertés. 

Ce tour de France du président de la République est vécu par beaucoup comme une provocation. A Martel, dans le Lot, il avait déjà été pris à partie verbalement la semaine dernière. 

Et il ne semble bien y avoir que lui pour feindre d'ignorer qu'il cristallise sur sa personne une détestation rare ! 

Qui a oublié l'exfiltration piteuse au Puy-en-Velay en décembre 2018 ou la tentative d'intrusion au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris en janvier 2020 ? 

Aller au contact peut aussi avoir un envers et le soufflet reçu hier devrait agir comme une piqûre de rappel ! 

Force est de constater qu'Emmanuel Macron a tellement affaibli la fonction présidentielle qu'il n'inspire plus le respect. 

Dernièrement, son « concours d’anecdotes », avec les deux youtubeurs McFly et Carlito, et ses séances de selfies au cours de son road-trip en province, à l'instar d'un chanteur à midinettes, ont achevé de dégrader son image et, au-delà, sa parole et sa présidence. 

N'est-ce pas le même qui, pourtant, entendait redonner tout son lustre à la fonction, après la « présidence normale » de François Hollande ? 

Aujourd'hui, à force de rabaisser nos institutions, n'importe quel individu peut se croire autorisé à parler au chef de l'État de la 6e puissance mondiale comme à un vulgaire pilier de bar, quand il ne décide pas de lui porter atteinte physiquement ! 

Loin d'être un « fait isolé », comme Emmanuel Macron veut s'en convaincre, cet incident est la marque d'une rupture criante entre le pouvoir et le peuple qui ne se reconnaît plus dans ses représentants. 

Si cet acte en est la manifestation physique, l'abstention dans quelques jours aux élections régionales et départementale risque bien d'en être la traduction politique…

Mis à jour ( Mercredi, 09 Juin 2021 09:20 )