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Remonter le temps

Les réflexions gaullistes de la semaine du 19 au 25 mai 2025 par Christophe CHASTANET

Lundi 19 mai 2025 :

La droite se réveille ce lundi, béate d’admiration pour son nouveau champion : Bruno Retailleau a emporté sans coup ferir la présidence de LR face à Laurent Wauquiez, avec près de 75% des suffrages.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : ce triomphe ne règle rien, notamment en terme de ligne politique.

Déjà, le conservateur vendéen et son rival sont les deux faces d’une même médaille, ce que cette campagne interne a demontré : ils sont autant l’un que l’autre adeptes de l’illibéralisme à la sauce trumpiste et savent manier l’insécurité identitaire de façon similaire. On est très loin du gaullisme !

Ensuite, après le ralliement de Ciotti à l’extrême-droite, le choix de l’alliance avec les macronistes n’est pas forcément plus gagnant.

A court terme, le parti se donne du temps pour aborder les municipales mais il n’y aura pas de printemps en mai 2027.

La droite actuelle est enfermée dans un paradoxe insoluble : elle feint de se présenter comme étant « modérée » au plan local, tout en prônant l’inverse dans son positionnement national, ce qui crée des distorsions électorales entre les différents scrutins…

Et si sa présence au gouvernement a jusque-là beaucoup servi le nouveau patron des LR, elle pourrait maintenant très rapidement lui faire du tort.

On ne peut pas être dedans et dehors à la fois. Le dernier qui a essayé ce petit jeu depuis Bercy est… un certain Emmanuel Macron.

Or, qui peut décemment croire que Retailleau va retourner à son avantage cette forme de porisité entre la droite et le centre ?

Bien sûr, son clan a un scénario en tête : des sondages qui continueraient de grimper pour le ministre, jusqu’à croiser la courbe d’Édouard Philippe, d’ici quelques mois. Le placant comme candidat naturel à l’élection suprême…

Mais gare aux illusions !

Ce n’est pas parce qu’un cycle va s’achever avec le second quinquennat Macron que tout reviendra comme avant et que les électeurs de centre-droit vont mécaniquement rentrer au bercail. Les candidats du bloc central sont nombreux et la tripartition du paysage politique est encore bien réelle, en atteste le résultat des législatives de l’an dernier.

Enfin, la popularité du ministre de l’interieur est aussi fulgurante que fragile.

Pour incarner l’alternative, l’ancien bras droit de Philippe de Villiers va devoir élargir son audience sans se renier.

Et c’est bien là que les difficultés vont commencer, car il ne suffira pas de dire qu’il veut réduire les régularisations et les naturalisations. Ce sont des marqueurs mais ça ne constitue pas une offre politique.

Alors non, n’en déplaise aux dévôts, la droite n’est pas redevenue audible et incontournable en une soirée !

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