Lundi 12 janvier 2025 :
Marine Le Pen revient devant ses juges, à partir de demain jusqu’au 12 février, dans le procès en appel des assistants parlementaires européens de son parti.
La Cour devra notamment trancher sur son inéligibilité.
Pour la cheffe de file du RN, l’enjeu politique est immense.
Condamnée en première instance à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire (lire reflexions gaullistes CC, 01/04/25), Marine Le Pen joue sa candidature à la présidentielle de 2027.
Elle a déjà laissé entendre qu’une condamnation sans inéligibilité ne serait pas suffisant. Elle vise donc la relaxe.
Or, depuis 2015, les élus frontistes et leurs collaborateurs n’ont pas réussi à convaincre la justice de leur bonne foi. Pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui ?
Grâce à une nouvelle stratégie de défense, qui consisterait à rejeter la responsabilité sur le Parlement européen pour défaut de surveillance, comme il se dit dans la presse ?
Contester toute intention frauduleuse, dans un contexte de « règles imprécises entretenant le flou », pourrait s’entendre si les détournements étaient isolés et ne relevaient pas d’un système mis en place pour alléger les charges du parti.
Or, qu’en est-il au cas d’espèce ?
Il appartiendra aux juges d’appel d’apprécier mais, autant le dire, la fenêtre est étroite…
Théoriquement, tout est encore possible. Mais en coulisse, qui y croit encore ?
Si sa condamnation est confirmée, cela marquera un coup d’arrêt dans sa carrière politique. Surtout que lorsque l’on laisse la place, on la retrouve rarement.
Mais, quoi qu’il en soit, on aurait tort de se réjouir trop vite de son abandon dans la course à la présidentielle.
Jordan Bardella n’a peut-être pas les épaules pour remporter la présidentielle mais il a tous les codes de notre temps pour le devenir : il est plus lisse ; ne s’appele pas Le Pen et possède surtout un vrai talent pour la communication.
Sur TikTok, réseau social privilégié des jeunes, Jordan Bardella ne parle pas seulement de politique. Cette stratégie de dépolitisation apparente cache en réalité un agenda précis que les chercheurs qualifient de « métapolitique ».
Et ça marche, (mal)heureusement !
Aujourd’hui, le combat contre l’extrême-droite ne se gagnera pas à coups de slogans ; de manifestations de rue ou d’anathèmes.
Il ne suffit plus de dénoncer ou d’être dans la réaction en contre-attaquant sur leur vision du monde et de la société.
Nous ne créerons une offre majoritaire que si l’on est en mesure d’enclencher d’autres dynamiques ; de proposer un autre récit, basé sur nos propres thématiques.
Et il faudra bien plus qu’un procès pour cela !