Les réflexions gaullistes de la semaine du 19 au 25 avril 2021 par Christophe CHASTANET Imprimer

Dimanche 25 avril 2021 :  

Moins de 48 heures après l'attaque du commissariat de Rambouillet (lire billet UPF, 24/4), le profil de l'assaillant, Jamel G., est passé au crible pour tenter de comprendre comment il s'est radicalisé... 

Il n'avait « pas été détecté » comme étant « porteur de menaces », a déclaré hier le coordonnateur national du renseignement, Laurent Nuñez. 

Indétectable vraiment ? 

La fable du "loup solitaire" qui nous est servie - pour la huitième fois consécutive depuis la tuerie de la préfecture de police de Paris en octobre 2019 - est aussi pratique que dérangeante. 

Depuis quand les sites internet où circulent des vidéos de propagande islamistes et des chants religieux guerriers (les nasheeds) ne sont pas identifiables ? 

Depuis quand les adresses IP ne seraient pas exploitables en matière de terrorisme ? 

Qui osera dire aux deux enfants et à la famille de Stéphanie M. qu'ils doivent mettre en perspective cette consultation avec le nombre de dossiers sensibles traités par les services de renseignement, pour expliquer la raison pour laquelle ce terroriste est passé sous le radar de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ? 

Cela est d'autant moins entendable que le père de ce terroriste a affirmé que son fils avait adopté une pratique rigoriste de l’islam, ce que l'évolution de plus en plus radicale de son discours religieux au fil du temps sur son compte Facebook prouvait indubitablement... mais cela n'a manifestement alerté personne. 

Que mon confrère Éric Dupont-Moretti se rassure, nous ne supportons pas davantage que lui "l'exploitation cynique de l'émotion légitime des gens à des fins politiciennes" mais il ne saurait être dénié le droit aux oppositions de faire entendre des propositions d'action pour nous adapter à une menace qui évolue. 

Former ; recruter ; viser mieux, tel est le triptyque pour lequel les gaullistes continueront de se battre, sans instrumentalisation mais avec fermeté et conviction.


Vendredi 23 avril 2021 :  

 

Le calendrier fixé par le président de la République le 31 mars dernier sera tenu coûte que coûte. 

Ou quand la politique reprend le pas sur le sanitaire... ce qui aurait pu être salué si ce choix n'était pas dénué d'arrière-pensées électoralistes, tant la Macronie est obsédée par la réélection du président sortant et se cherche des électeurs. 

En renouant avec le point presse du jeudi soir, le Premier ministre a ainsi voulu confirmer que la rentrée des classes aurait bien lieu lundi prochain, tout en l'assortissant d'une multiplication des tests salivaires. Mais au moindre cas détecté, la classe fermera et les élèves seront renvoyés chez eux pour sept jours. 

Rien de nouveau sous le soleil là-dedans puisque cette mesure - généralisée à tout le territoire - avait déjà été prise localement avant le troisième confinement (lire réflexions gaullistes CC, 27/03). Cela promet un grand bazar et ce sont les professeurs qui vont trinquer. Trouveront-ils encore un peu de temps pour enseigner entre un test ; un vaccin ; une fermeture ; une visioconférence et la préparation du baccalauréat ? 

Jean Castex en a également profité pour annoncer la levée des contraintes de déplacement en journée (le couvre-feu étant maintenu à 19h jusqu'à nouvel ordre) à partir du 3 mai et une possible réouverture « territorialisée » des commerces et certains lieux de culture à la mi-mai. 

Trop généreux ! Faut-il aussi le remercier au passage en lui baisant les pieds ? 

Il aura certainement été heureux d'apprendre que, selon une enquête Odoxa pour Le Figaro et France Info, 6 Français sur 10 ne font pas confiance au gouvernement pour réussir le déconfinement ! 

On se demande bien pourquoi, n'est-ce pas ? 

Monsieur Déconfinement joue au yo-yo depuis 6 mois et à chaque fois le retour au point de départ est une marque supplémentaire d'incompétence. A force de prendre des coups, le bouclier du président, qu’il est censé incarner, ne remplit plus son rôle. 

Avec les beaux jours le pays va engager sa deuxième transition vers la normalité. Mais on cherche encore la logique à tout ça. Au printemps 2022, on remet le couvert ? avec ou sans sauce Macron...


Mercredi 21 avril 2021 :  

Mêmes causes, mêmes effets. 

Après le feuilleton du vaccin AstraZeneca (lire réflexions gaullistes CC, 16/03), c'est au tour du vaccin Janssen du laboratoire américain Johnson & Johnson d'être soupçonné de provoquer de graves effets secondaires. 

Dans un communiqué publié hier, l'Agence européenne du médicament (EMA) a affirmé que les caillots sanguins devraient être ajoutés aux « effets secondaires très rares » du vaccin, tout en estimant que les bénéfices demeuraient largement supérieurs aux risques éventuels... et après ? fermez le ban, circulez et faites-vous inoculer ! 

Les deux vaccins anti-Covid Janssen et AstraZeneca sont basés sur une technologie similaire, à vecteur viral (c'est à dire des virus atténués, tels que les adénovirus recombinés). 

Faut-il considérer que ces vaccins ont atteint leurs limites ou que les précautions vaccinales ne sont pas suffisantes ? certainement un peu des deux. 

Ces vaccins OGM (le vaccin AstraZeneca utilise un adénovirus de chimpanzé, le vaccin Johnson et Johnston, un adénovirus humain) élaborés grâce à un virus modifié sont censés servir de "cheval de Troie". Ils sont donc moins stables et peuvent interférer avec le système immunitaire en laissant des traces dans les tissus et cellules. 

Or, qui irait subir une intervention chirurgicale sans une consultation pré-opératoire ? pourquoi devrait-il donc en être différemment s'agissant des vaccins ! 

Parce que les doses sont déjà commandées et que "des personnalités qui seraient des ambassadeurs" du vaccin l'ont ânonné sur ordre de l'exécutif ? 

Alors qu'il existe des alternatives à ces deux vaccins, ce positionnement interroge jusqu'à l'Académie de médecine et risque, assez rapidement, d'animer les débats nationaux... 

Mais quand on voit le peu de cas avec lequel sont considérés les 100 000 Français invisibles qui ont perdu la vie depuis le début de la pandémie - davantage envisagés comme un pourcentage de perte inévitable que comme des êtres humains - il ne faut pas s'étonner que la stratégie vaccinale soit à l'avenant !